Impossible d’y échapper, tant l’actualité en déborde : l’heure est à la théorie du complot. Le coronavirus ? Un complot des gouvernements et de « big pharma », main dans la main, sans doute, avec une clique de reptiliens Illuminati eux-mêmes aux ordres de francs-maçons – qui n’ont pas pu aller sur la Lune puisque la Terre est plate. Sans oublier la Finlande, qui n’existe pas. Ce phénomène génère une gamme d’attitudes contrastées : une minimisation amusée, une dramatisation exaspérée, des positions médianes plus ou moins réussies (à l’instar du : « Il ne faut pas en voir partout, mais il ne faut pas en voir nulle part non plus » de Frédéric Lordon). Mais tous s’accordent à voir dans l’essor des croyances au complot un phénomène à la fois limpide et ultra-contemporain, associé à une défiance conjoncturelle envers les « élites » sur fond de passions « populistes ». En tant qu’attitude intellectuelle, les théories du complot font pourtant, depuis leur conceptualisation par Karl Popper, l’objet d’études approfondies et toujours renouvelées, tant en sociologie qu’en histoire, qui permettent d’en reconstituer la rationalité interne et la profondeur historique. Adapté d’une intervention donnée au séminaire de Nicolas Guilhot sur les Figures of Conspiracy, cet article montre les puissants échos qui rattachent les théories du complot élaborées à propos de la Révolution française au conspirationnisme d’aujourd’hui.

Qui conspire contre quoi ?

Les théories complotistes ont une histoire longue, qui plonge ses racines bien au-delà de la France moderne. Victoria Emma Pagán a par exemple attiré notre attention sur les catégories conspirationnistes déjà mobilisées par les historiens à l’époque de la Rome antique. Le XVIIIème siècle a de ce point de vue marqué un tournant. En rompant avec les schémas chrétiens qui attribuaient tout changement historique à la Providence, les Lumières ont recentré l’interprétation des faits sur l’action humaine : il devenait donc possible d’attribuer à des individus, et non plus à des forces supérieures et impersonnelles, la responsabilité des soubresauts de l’histoire. L’histoire du XVIIIème siècle regorge ainsi de fausses nouvelles et de récits complotistes, depuis les rumeurs relatives aux enlèvements d’enfants, jusqu’à la théorie du « complot de famine », selon lequel la famille royale se serait entendue avec des capitalistes interlopes pour spéculer sur le commerce des grains, libéralisé dans les années 1760, pour s’assurer de colossaux profits.

La Révolution française donna une nouvelle impulsion et une ampleur décuplée à ces théories qui cherchèrent à interpréter, dans le cours même des événements, le surgissement révolutionnaire comme le produit d’une vaste conspiration. Dès 1791, un certain Galart de Montjoye révélait au monde l’existence d’une prétendue conjuration de calvinistes républicains, véritables meneurs de la Révolution. Le Riche, un ancien député de 1789, affirmait quant à lui que la Révolution avait été orchestrée dans l’ombre par Lafayette et le pasteur Rabaut Saint-Étienne selon un plan de république fédérative conçu par des calvinistes en 1582 ! Mais la grande thèse de l’époque, alimentée par divers penseurs émigrés, est celle de l’influence maçonnique sur la Révolution française. La référence la plus mobilisée reste ici l’abbé Barruel, auteur en 1789 d’un Patriote véridique et surtout en 1797 de Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme, ouvragesdans lesquels il dénonçait la responsabilité des loges et des philosophes dans le déclenchement et le déroulement de la Révolution.

Les écrits du jésuite Augustin Barruel s’inscrivent dans une tradition, dont Didier Masseau a retracé la généalogie, celle des adversaires déclarés des « philosophes » des Lumières. Dès les années 1770, des auteurs bien insérés dans la République des Lettres évoquaient des conjurations souterraines d’hommes de lettres décidés à saper la monarchie. L’édit de tolérance de 1787 envers les protestants favorisa l’apparition de théories associant complot des philosophes et conspiration des réformés. Pour Barruel et les écrivains assimilés, les philosophes, les francs-maçons et les protestants auraient créé un système de pensée clos, une véritable orthodoxie de la subversion, d’autant plus puissante et dangereuse que ses promoteurs contrôlaient d’importants canaux de circulation de l’information. La thèse de Barruel connut un succès d’autant plus fulgurant qu’elle faisait écho aux convictions des milieux d’émigration. Elle fut immédiatement réappropriée à l’étranger, par exemple en Espagne par Lorenzo Hervás y Panduro dans ses Causas de la Revolución de Francia (1807) ou en Écosse par John Robison, avec ses Proofs of a Conspiracy against all the Religions and Governments of Europe, carried on in the Secret Meetings of Free-Masons, Illuminati and Reading Societies (1797).

Tout au long du XIXème siècle, cette thèse fut développée par divers écrivains, jusqu’à constituer un corpus formant une véritable niche historiographique, quasiment un genre à part. Ce fait s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs. Il s’agit tout d’abord d’une réaction face aux sciences sociales naissantes, qui substituaient des motifs collectifs et structurels aux interprétations complotistes fondées sur les responsabilités individuelles. Ensuite, le XIXème siècle fut lui-même marqué par des conspirations bien réelles, depuis celles des sociétés secrètes où libéraux, républicains et autres Carbonari planifiaient la chute des monarchies restaurées, jusqu’au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. La Troisième République vécut elle aussi dans la peur des complots royalistes, bonapartistes ou nationalistes, comme l’a montré Frédéric Monier. Enfin, la vie politique de l’époque connut une recrudescence d’un antisémitisme forcené, qui se mâtinait volontiers d’anti-protestantisme et se conjuguait facilement avec des haines anti-maçonniques.

La conjonction de ces facteurs ne pouvait que stimuler l’essor d’interprétations complotistes de la Révolution française. En 1884, Louis d’Estampes et Claudio Jannet écrivaient ainsi :

« La Révolution, quand on la dégage des causes secondaires et des circonstances locales, apparaît donc comme un intense complot qui jusqu’à présent a réussi. […]

L’anarchie ne fut spontanée ni dans l’armée, ni dans le peuple ; la pénétration maçonnique avait fait son œuvre quand éclata, sous le prétexte de généreuses réformes, la conspiration qui, depuis plusieurs années, minait sourdement le trône et l’autel »

Un quart de siècle plus tard, Jean de Lannoy entendait, dans La Révolution préparée par la franc-maçonnerie (1911), expliquer « le mystère », rendre compte du « trucage » de la Révolution, pénétrer « derrière les coulisses » en révélant le « moteur secret qui a préparé, machiné la tragédie », la « mystérieuse puissance qui, en possession de l’opinion publique, maîtresse des avenues du pouvoir, ayant à sa disposition les chefs les plus insoupçonnés, déclencha et précipita à son gré ce drame national », c’est-à-dire, bien entendu, la franc-maçonnerie. Ces auteurs n’hésitaient pas, d’ailleurs, à conjuguer anti-protestantisme, antisémitisme, xénophobie et complotisme anti-maçonnique, dans un contexte marqué par l’affaire Dreyfus et la popularité d’ouvrages tels que La France juive d’Édouard Drumont. En 1923, un certain Henri Pouget de Saint-André proposait ainsi une synthèse de ces apports haineux. Selon lui, les hommes de 1789 furent les esclaves du calviniste Necker et de Mirabeau, lui-même stipendié par des protestants et des juifs. Pendant ce temps, les journées révolutionnaires étaient préparées par ces mêmes cohortes de Prussiens, de Suisses et d’Anglais qui avaient, dans les salons et les loges, préparé la Déclaration rédigée par l’Américain Thomas Paine !

« Coïncidence ? Je ne crois pas ».

Ces approches complotistes de la Révolution française se présentaient cependant sous des allures diverses. Dans les cas les plus extrêmes, certains auteurs allaient jusqu’à adopter une approche pseudo-cabalistique, en spéculant sur des correspondances lexicales fantasmées. On remarquait ainsi que le dernier Grand Maître de l’Ordre du Temple fut Jacques Molay, qu’on appelait les rebelles des campagnes de l’ère moderne les Jacques, tandis que le théoricien de l’égalité sociale fut Jean-Jacques Rousseau, qui inspira finalement les Jacobins… D’autres écrivains, comme ce Maurice Talmeyr qui publia en 1904 un ouvrage sur La franc-maçonnerie et la Révolution française, brodaient des parallèles plus audacieux encore :

« On sait que la première manifestation révolutionnaire du tiers état, en 1789, fut de s’ériger à Versailles, en Assemblée nationale, et que la formule fameuse : déclarer la patrie en danger devait devenir sacramentelle en 1792. Or, en 1771, à la suite de graves crises intérieures, la Maçonnerie… se déclare en danger. Elle appelle à Paris des délégués de tous les points de la France, et ses délégués, dix-huit ans déjà avant 1789, se réunissent… en assemblée nationale. De plus, les premiers maçons établis en France, vers 1723, étaient des Jacobites, et le grand club directeur de la Révolution était le Club des Jacobins. Condorcet, dans la Septième époque des Progrès de l’esprit humain, désigne la Franc-maçonnerie comme une continuation mystérieuse de l’Ordre des Templiers, et Louis XVI a pour prison… le Temple, ancien asile de ces mêmes Templiers. La grande assemblée annuelle des francs-maçons s’appelle le Convent, et la plus fameuse assemblée révolutionnaire s’appellera la Convention. La Maçonnerie, quand elle avait à proscrire un adepte, le déclarait… suspect, et chacun sait comment, sous la Terreur, on était déclaré suspect ».

Suspect, ce dernier mot est bien trouvé : c’est en effet à l’aune d’un soupçon systématique que l’écriture complotiste jugeait l’histoire de la Révolution. Un soupçon, d’abord, porté sur les faits eux-mêmes. Selon les conspirationnistes, si la Révolution a vu l’irruption de phénomènes similaires, de manière simultanée, à l’échelle de l’ensemble du territoire du royaume ou de la République, cela ne pouvait pas résulter d’un pur hasard. La « Grande Peur » de 1789, qui vit circuler des rumeurs annonçant l’arrivée de pillards et brigands stipendiés par l’aristocratie, ne pouvait pas être accidentelle, puisqu’elle traversa au même moment l’ensemble du pays. De même, il n’était pas envisageable que des clubs ou sociétés populaires fissent spontanément parvenir aux assemblées des doléances formulées en des termes rigoureusement identiques. Derrière tout événement simultané, tout phénomène décliné à grande échelle, l’historiographie complotiste croyait reconnaître l’action souterraine de groupes œuvrant en sous-main pour déchaîner le désordre. 

Mais le soupçon n’épargnait pas non plus les sources de l’historien. De même que les complotistes d’aujourd’hui suspectent quelque manipulation dès lors qu’un discours provient d’une institution de pouvoir, leurs ancêtres intéressés par l’histoire de la Révolution se méfiaient des documents et matériaux produits par les assemblées, les comités, les tribunaux, craignant toujours que des conspirateurs les aient sciemment déformés. On lit ainsi chez G. Lenotre, l’un des historiens vulgarisateurs les plus lus du premier XXème siècle :

« Si l’historien doit être en méfiance, n’est-ce pas à l’égard de ces documents officiels, émanés de fonctionnaires partiaux, manifestement moins soucieux de la vérité que de leur renommée personnelle ou du triomphe de leur parti ? Négliger les grandes sources d’information serait une faute aussi grave que l’est celle de leur accorder une confiance sans restriction : on n’y trouve ordinairement que le reflet de l’opinion des vainqueurs ; les doléances des vaincus n’y ont point leur place. S’en tenir à ce qu’elles enseignent, c’est consentir à accepter l’histoire toute faite, et par ceux-là mêmes qui ont eu intérêt à la maquiller ».

Plus largement, ces historiens complotistes tendaient à considérer que les sources disponibles pour déceler les complots du passé étaient par nature obscures. Produites par des conspirateurs résolus à masquer le sens réel de leur action, elles exigeaient une préparation spéciale, une capacité à déchiffrer les signes, à reconnaître dans le silence des sources des vérités avançant toujours masquées. Bernard Faÿ écrivait ainsi en 1935 :

« la grande règle de l’histoire moderne c’est de ne juger que sur documents écrits et preuves matérielles, alors que la grande règle de la franc-maçonnerie c’est d’appliquer la discipline du secret à tout ce qui lui tient le plus à cœur. […] L’idéal de l’historien depuis une cinquantaine d’années fut de voir, sans chercher à comprendre, en l’évitant même, car il a toujours peur que l’esprit humain déforme le fait, en qui seul il a confiance. Mais voici un domaine où il est impossible de voir si l’on ne comprend pas, et où bien souvent il faut comprendre à demi-mot, sans avoir vu, sans jamais voir ».

On voit donc que ce régime de suspicion généralisée, dont la portée quasi-mystique faisait écho à la mystique même attribuée aux acteurs passés, différait fondamentalement de la prudence dont faisaient preuve les historiens universitaires hostiles aux théories du complot. Ceux-ci ne s’illusionnaient pas quant aux précautions qui sont toujours de mise lorsqu’il s’agit de documents historiques, soumis à des déformations ou inexactitudes qui justifient que l’on croise systématiquement les sources et qu’on évalue leur valeur intrinsèque par des méthodes scientifiques.

La permanence des complots

Enfin, il est clair que ce discours n’était pas dénué d’ambitions politiques. Toute cette tradition de pensée partait d’un postulat commun : en 1789, le peuple français était le plus heureux du monde, vivant en harmonie sous l’influence de la Couronne bienfaitrice et de l’Église bienveillante. Le peuple, le vrai peuple de France, ne pouvait donc pas décemment avoir voulu la Révolution française. C’était donc – et ici réside le « saut » argumentatif – que celle-ci devait avoir été ourdie dans l’ombre par une minorité agissante, capable de manipuler les masses.

À la fin du XIXème siècle, les conséquences politiques de ce postulat étaient claires : il s’agissait pour ces auteurs de dénoncer, à travers les manigances occultes des temps révolutionnaires, les groupements secrets qui auraient encore à leur époque la haute main sur les affaires de la Troisième République. En 1889, à l’occasion du Centenaire de la Révolution française, le pamphlétaire réactionnaire Fénelon Gibon écrivait que « Révolution et Franc-Maçonnerie sont tout un : le parti révolutionnaire », désormais au pouvoir sous le régime républicain. Il concluait que, pour sauver le pays, il fallait « avant tout nous arracher aux étreintes de la Franc-Maçonnerie, sans le consentement de laquelle rien ne se fait, en France, depuis le dix-huitième siècle ». De même, en 1926, dans la Revue des questions historiques, d’inspiration catholique et royaliste, un auteur observait qu’il « serait intéressant, dans le même ordre d’idées, de rechercher de quelle façon et dans quelle mesure la Juiverie oriente et domine la Maçonnerie », à son époque comme par le passé !

***

On ne saurait se méprendre sur la dangerosité de cette historiographie. Dans le contexte de l’entre-deux-guerres, l’interprétation complotiste de la Révolution avait pignon sur rue, distillée dans des conférences historiques, des journaux, sociétés et instituts d’extrême-droite, et surtout dans les premiers best-sellers historiques de l’histoire de France, émanés des cercles de l’Action française. On mesure ce péril en s’arrêtant sur l’exemple de Bernard Faÿ, déjà cité. Nommé administrateur général de la Bibliothèque nationale et chef du « Service des sociétés secrètes » en 1940, sous le régime de Vichy, Faÿ entreprit, non sans dénoncer le personnel communiste ou franc-maçon de la Bibliothèque, une colossale entreprise de fichage de 64 000 maçons français. Il lança en parallèle un périodique intitulé Documents maçonniques, qui justifiait en 1941 le caractère salvateur de son œuvre d’épuration maçonnique par un parallèle explicite entre la franc-maçonnerie contemporaine et le jacobinisme de la Révolution française :

« Les listes que nous publions en août 1941 sont pour la France d’aujourd’hui ce qu’eût été, en août-septembre 1790, la publication de la liste des comités jacobins. Cette publication aurait sans doute sauvé des milliers de vies humaines, le sang le plus pur de la France, et épargné au pays un spasme dont aujourd’hui encore nous sommes les victimes. Sans colère, sans haine, mais sans illusions, il nous faut donner ces noms, ces noms de braves gens tout prêts à commettre les actions criminelles par suite de l’ambiance dans laquelle on les maintenait ».

Les réflexes paranoïaques de ces historiens connurent ainsi les conséquences les plus dramatiques lorsque les circonstances politiques leur permirent d’accéder à des positions de pouvoir. Après avoir établi des listes et des fiches de francs-maçons actifs pendant la Révolution française pour reconstituer leur supposée œuvre de sape souterraine de la monarchie, ces acteurs s’empressèrent de lister leurs contemporains, dès qu’ils en eurent l’opportunité. Contestés en leur temps par des historiens universitaires, qui préférèrent toujours des explications complexes, empiriquement fondées, et recourant à l’idée de « mentalités collectives » plutôt qu’à celle de « conspiration », ces théories historiques du complot contribuèrent à ancrer dans les esprits d’une large part de la population les schémas idéologiques les plus dangereux. À l’heure où nombre d’intellectuels d’extrême-droite revendiquent encore le legs de ces théoriciens, tandis que des mouvements issus de cercles conspirationnistes états-uniens portent leurs idées et leur colère jusqu’au Capitole, une réflexion collective sur les fondements et les conséquences du complotisme spontané ou institutionnalisé s’avère des plus nécessaires.

Guillaume Lancereau.

Aller plus loin

Luc Boltanski, Énigmes et complots. Une enquête à propos d’enquêtes, Paris, Gallimard, 2012.

Michael Butter and Peter Knight (eds.), Routledge Handbook of Conspiracy Theories, New York, Routledge, 2020.

Olivier Dard, « Le complot, moteur de l’histoire dite “secrète” », Raison publique, n°16, 2012, p. 67-76.

Steven L. Kaplan, Le complot de famine. Histoire d’une rumeur au XVIIIème siècle, Paris, Armand Colin ; EHESS, 1982.

Darrin McMahon, Enemies of the Enlightenment: The French Counter-Enlightenment and the Making of Modernity, Oxford, Oxford University Press, 2001.

Frédéric Monier, Le complot dans la République. Stratégies du secret, de Boulanger à la Cagoule, Paris, La Découverte, 1998.

Victoria Emma Pagán, Conspiracy Narratives in Roman History, Austin, University of Texas Press, 2004.

John Morris Roberts, The Mythology of the Secret Societies, Londres, Secker and Warburg, 1972.

Jean-Noël Tardy, L’âge des ombres. Complots, conspirations et sociétés secrètes au XIXème siècle, Paris, Les Belles lettres, 2015.

Gordon S. Wood, “Conspiracy and the Paranoid Style: Causality and Deceit in the Eighteenth Century,” William and Mary Quarterly 39 (1982): 401-441

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